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Témoignage de Nathalie Haudiquet, Responsable éducatif

Un mois de proximité

Un mois s’est écoulé depuis mon arrivée en tant que responsable éducatif de proximité aux Moutatchous. En termes de temporalité cela peut sembler court, en termes d’échanges, de rencontres, de découvertes, d’actions concrètes menées, de réflexions, de sollicitations, c’est plutôt très riche et très dense.

Globalement l’intérêt collectif porté à ma personne et mon poste a facilité mon arrivée dans le sens où d’emblée j’ai pu m’investir dans l’existant et trouver sans trop de difficulté quelle place occuper auprès des divers professionnels, de l’équipe pluridisciplinaire, de l’équipe éducative, des enfants et dans une équipe de cadre. Bien sûr cela mérite encore des ajustements.

Ma présence à des moments clefs de la vie quotidienne me permet d’avoir un regard et une prise directe sur différents aspects (techniques, fonctionnels, relationnels) de l’accompagnement éducatif proposé, des besoins collectifs et individuels aussi bien ceux des professionnels que des enfants.

Dès mon arrivée, la résolution de difficultés d’ordre technique m’a semblé soulager le quotidien des éducateurs et a permis que je sois repérée comme un élément vecteur de liaison d’un point de vue organisationnel. De la même façon, le soutien, l’aide, l’écoute que je peux apporter dans des moments difficiles et à travers les actes de la vie quotidienne - où j’ai pu me positionner comme tiers soit pour appuyer la parole et/ou l’initiative d’un éducateur, encourager un enfant à s’exprimer, trouver des solutions concrètes à un problème donné (humain, technique)- ont favorisé des prises de consciences, de la communication, l’émergence de pistes pour améliorer ce qui ne paraît pas satisfaisant.

Déjà, certaines habitudes changent au profit d’une meilleure prise en compte de la sécurité des enfants, d’une meilleure utilisation des locaux afin à la fois de préserver l’intimité de chacun et l’espace de vie collectif (utilisation de la salle famille par exemple).

Des propositions d’amélioration émergent collectivement et individuellement à travers lesquelles je peux également me positionner comme lien facilitant l’organisation interne mais aussi avec les partenaires extérieurs.

Je pense que j’ai aussi une fonction de réassurance des professionnels dans le sens où je peux valoriser leurs initiatives, leurs potentiels. Là encore ma présence leur permet d’anticiper différemment (le déroulement d’une soirée par exemple) et d’être peut être plus créatifs.

Globalement je suis déjà identifiée comme personne ressource, sollicitée pour des conseils, une aide, une décision, un cadrage de l’action. Mes prises de positions et/ou exigences sont comprises et acceptées parce que j’en explique le sens et la finalité mais aussi parce qu’elles répondent à un besoin de l’équipe clairement formulé d’être cadré et d’avoir des repères communs.

La collaboration qui se met en œuvre à différents niveaux et avec les différents professionnels et notamment, la possibilité de me référer à la responsable du dispositif internat, m’apparaît essentielle pour que la place et le rôle de chacun soient clairement identifiés et que les articulations soient cohérentes.

Le changement apporte toujours son lot d’inquiétudes, de questionnements…c’est une réalité humaine.

L’investissement des cadres dans la communication autour du sens et de la finalité du changement peut à mon sens ouvrir à des possibles et rallier l’ensemble des acteurs autour d’un objectif commun : l’amélioration de la qualité d’accompagnement et d’intervention proposés aux jeunes accueillis et à leurs familles.

Au delà de ce qui paraît contraignant de prime abord et sans minimiser la dépense d’énergie qu’engendre le changement pour chaque acteur, tenir compte des possibilités qu’il offre me permet pour ma part et à mon niveau de le vivre et de l’impulser comme source d’un meilleur usage des moyens et des compétences.

Mon regard est peut être emprunt de l’optimisme des débutants mais à ce jour il m’apparaît comme une force que je peux mobiliser et dont je peux constater des effets concrets :

« Il faut parler de la création comme traçant un chemin entre des impossibilités » (Gilles Deleuze, Pourparlers, 1972-1990, p.182, Paris, Les Editions de minuit, 1990.)

Nathalie Haudiquet, Responsable éducatif de la nouvelle structure aux Moutatchous

 

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